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La vérité est une nuance de gris

samedi 17 octobre 2015 à 15:29
couleurs Je reproduis ici le texte de Mr. Mondialisation initialement publié sur Facebook :

« La vérité est une nuance de gris

Non, pas 50 nuances. Mais assez pour comprendre que "la Réaction" n'est pas la solution. Vous l'entendez souvent autour de vous, ce lieu commun du critique qui plonge tête la première dans une opposition systématique. C'est tout noir ou tout blanc. “Si X à tort, son extrême inverse Y a forcément raison !” pensent-ils s'arguant d'avoir l'esprit critique. De là naissent tous les radicalismes propices à l'émergence d'un nouveau fascisme.

Mais qui peut encore ignorer que les raisonnements manichéens ne sont pas émancipateurs ? Ils ne peuvent l'être car ils s'appuient sur la facilité et l'absence de pensée. La difficulté, qui représente le chemin le moins simple à emprunter, exige de se forcer à voir l'objet sous tous les angles, y compris sous l'angle de celui qui tente de nous opprimer, afin de ne pas soi-même planter les graines d'une nouvelle oppression.

Ainsi l'histoire nous a déjà démontré que l'origine du totalitarisme s'inscrit dans une opposition radicale et naïve envers un vague ennemi désigné, symbolisant un système. Les réactionnaires prétendent ainsi qu'il n'y a qu'une solution unique : le repli identitaire. Cette réaction radicale (ici, un néo-nationalisme exacerbé) portée par beaucoup comme étant la solution contre la mondialisation sert en réalité de chien de garde aux privilégiés qui voient dans la redistribution des richesses au niveau international une menace pour leur position.

Comme l'exprimait Hannah Arendt dans "Les Origines du totalitarisme" : “Ce qui séduisait l’élite, c’était l’extrémisme en tant que tel.” Reste à espérer qu'assez de gens comprennent ces notions difficiles à saisir, car nuancées par nature, avant qu'on ne bascule tous ensemble une nouvelle fois dans l'horreur. Car oui, il est possible de faire pire qu'aujourd'hui. Et vous pouvez nous croire, ils ont les armes pour vous convaincre de détester les opprimés et d'accepter ceux qui les oppriment.

La vérité est une nuance de gris. »



Et j’ajouterais que la nuance de gris n’est valable que pour une seule idée.
Chaque personne possède plusieurs couleurs (représentant chacune une sujet pour lequel il vit) et chaque couleur se superpose à une nuance de gris, symbolisant son point de vue sur cette idée.

Certaines personnes n’ont pas ou peu d’avis sur une idée ou un sujet : la couleur de cette idée est donc absente de leur palette.

Au final, chacun est un mélange unique de plusieurs couleurs plus ou moins intenses. Une palette, en somme, un spectre coloré, représentant sa vision du monde et de sa vérité.



(toute cette symbolique n’a rien à voir avec la notion de "personne de couleur", je préfère le dire)

image de Doug88888

Fail chimique

vendredi 16 octobre 2015 à 14:33
bouteille de produit chimique Visiblement plus personne n’a de cours de chimie à l’école ; l’occasion donc de refaire un bref point.

Je cite :

La cocaïne est une drogue extrêmement dangereuse et nocive, faite à partir de feuilles de coca. Mais le procédé pour obtenir la poudre fait intervenir de nombreux autres ingrédients, qui éclairent un peu plus sur sa dangerosité : kérosène, acide sulfurique (que l’on utilise pour déboucher par exemple les WC), ciment, ammoniac, éther...


Ok, la cocaïne est une drogue dangereuse, très addictive, etc. etc.
Mais est-ce le cas à cause de la chaîne de production ? Ces produits ne sont pas censés apparaître dans le produit final.

Tout comme on ne trouve pas d’ozone (gaz cancérigène) dans l’eau du robinet (l’ozone est utilisé pour désinfecter l’eau), ni de dioxyde de carbone supercritique à très forte pression dans votre boisson gazeuse favorite (le CO2 supercritique est utilisé pour l’extraction de la caféine).


On va faire une expérience de chimie (préparez blouse, masque, lunettes, gants, hotte, extincteur) :

  1. Prenez un verre et remplissez le d’eau.
  2. Ajoutez une pincée de sel de table.

C’est bon ?
Vous savez ce que vous avez dans le verre maintenant ? Il y a des atomes d’hydrogène, d’oxygène, de chlore, de sodium et probablement aussi de l’iode et du fluor.


Pourtant, mettez tout ça ensemble dans les bonnes proportions et vous avez de l’eau salée tout à fait prête pour cuire vos nouilles.
C’est ça, la chimie : la transformation des molécules en d’autres, et avec elles, les propriétés physico-chimiques.


Bref, deux choses à retenir avant de s’alarmer devant n’importe quoi :


image de Deam Ayres

Les ligatures en typographie

jeudi 15 octobre 2015 à 19:21
ligature S et I Quand on parle de ligatures en typographie, on parle de deux caractères qui sont collés pour n’en former plus qu’un : « oe » devient « œ », par exemple dans « œuf » et dans « cœur ».

Œ est sûrement la ligature la plus connue en français. On trouve ensuite « æ » que l’on retrouve dans ex æquo ou curriculum vitæ et représentant la ligature entre les lettres « a » et « e » ; ou encore le « & », qui représente historiquement la ligature entre un « e » et un « t » (d’où sa signification).

En allemand, on rencontre beaucoup le « ß », (à ne pas confondre avec le « β » (bêta) du grec), et qui représente la ligature entre un « ſ » (s long, utilisé en math pour les intégrales) et d’un « s ».

Le œ, le æ ou le ß sont assez courants, mais connaissez vous les autres ligature, beaucoup plus rares, voire presque disparues de l’usage ?

L’une des lettres qui présente pas mal de ligatures, c’est le « f » : cette lettre a en effet tendance à avoir la partie haute (la hampe) dépasser sur la droite, ce qui fait qu’il recouvre la lettre suivante et qui peut donner un résultat illisible. Par exemple, la hampe du f peut recouvrir le point du i qui le suite, ou heurter la barre du l ou du t, ou même la hampe d’un autre f. Dans certains cas, trois lettres sont ligaturées : par exemple quand on se retrouve avec deux f et un i.
Dans ces cas, les lettres sont ligaturées ainsi : «  », «  », «  », «  »…

L’origine d’une ligature pour deux caractères peut être technique : c’est le cas pour les ligatures avec le « f », pour éviter les collisions entre les lettres lorsque l’on utilisait les caractères en plomb dans l’imprimerie ; étymologique : la ligature représente alors un son unique en deux lettres ligaturées, comme « œ », qui représente un son unique (par exemple dans les mots « cœur » ou « fœtus », mais pas dans le mot « moelleux » qui ne présente donc pas de ligature) ; ou purement esthétique.

Ce dernier cas de ligatures esthétiques sont les plus rares et les moins utilisées, principalement parce qu’elles sont optionnelles. On découvre ainsi qu’il existe des ligatures comme « st » qui devient « st », simplement pour ajouter un peu de style. Elle reflète, parfois, la trace laissée par la plume dans une écriture manuscrite lorsqu’on passait d’une lettre à l’autre sans la lever du papier.

Enfin, dans les ligatures en langue française, on peut noter le statut de la vingt-troisième lettre de l’alphabet : « W » qui, historiquement, est une ligature entre deux « V », d’où son nom de « double V » (ou « double U » en anglais).
Cette ligature a fini par devenir une lettre à part entière.

Dans le même alphabet mais dans d’autres langues, on trouve d’autres ligatures, par exemple le « dz » (dz) en polonais ou le « lj » (lj) en slovaque. Le néerlandais utilise aussi parfois la ligature « ij » : « ij ».

L’alphabet phonétique international, présente d’autres ligatures qui lui sont propres : ȸ (db), ȹ (qp)…

Les autres alphabets disposent également de leur ligatures, apparues pour les mêmes raisons (techniques, étymologiques ou esthétiques).

Ressources :

image de Daniel Ullrich

Pourquoi le choix d’un navigateur est important (et un mot sur le navigateur Vivaldi)

lundi 5 octobre 2015 à 20:08
J’ai longtemps été un grand fan d’Opera, un grand utilisateur aussi et j’ai été très déçu/affecté/touché par leur décision de changer leur politique dans le développement du navigateur (en 2013…). Vivaldi c’est un navigateur assez récent qui a été fondé par les anciens de chez Opera, depuis tout ces changements.

Je pense que c’est le cas chez vous aussi, au moins une partie : le navigateur est le logiciel que j’utilise le plus sur mon ordinateur.
Ce n’est pas pour rien que certains font des ordinateurs avec juste un navigateur (les Chromebook de Google) : avec les bons sites, on peut en effet de passer complètement de tous les logiciels et n’utiliser vraiment que le navigateur.

À ce titre et pour un geek, le choix du navigateur devient aussi important que celui de l’OS : choisir un navigateur pour moi, c’est comme choisir une bonne paire de chaussures pour quelqu’un qui fait de la randonnée.

Je tourne actuellement sous Firefox : c’est à ce jour le navigateur que j’utilise et que je recommande.
Ce choix est hautement personnel, mais les raisons qui fait que j’utilise plutôt qu’un autre sont :


C’est sur ce dernier point que Firefox écrase les autres à mon sens : son éditeur Mozilla milite depuis plus de 15 ans à un web ouvert et interopérable. C’est un peu grâce à eux que l’on n’a plus de sites « spécial Windows avec des ActiveX » (impossible à naviguer sur Linux, Mac ou smartphone) ou qu’on peut avoir une vidéo sans avoir à utiliser Flash/Java/RealPlayer/WMP : ils se battent pour tout ça, contrairement aux autres éditeurs.

Cette philosophie d’un web libre et ouvert, interopérable et où il est facile de participer, c’est également la mienne. Mozilla n’a d’ailleurs aucun autre moyen que le bouche à oreille, nous donc, pour promouvoir cette philosophie sans qui le web libre n’existera plus dans quelques années. C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a depuis quelques temps un bouton « Mozilla Firefox » sur la page de mon site.

Firefox, en somme, c’est le navigateur dont la philosophie correspond la plus à la mienne.

Sauf que… Ça pourrait bien ne pas durer. De récentes décisions chez Mozilla m’ont laissé (et d’autres) un peu perplexe : intégration de logiciels tiers, apparition de pub au sein même du navigateur, modules bientôt impossible à installer sans l’approbation de Mozilla. Beaucoup de tout ça est sûrement exagéré, mais tout ceci n’en reste pas moins assez inquiétant pour le futur du navigateur (évidemment, c’est aussi à nous de les aider pour qu’ils puissent continuer à limiter ce genre de décisions assez… mauvaises pour les utilisateurs).


Pour en revenir à Vivaldi, si un jour je devais quitter le navire de Firefox, c’est donc vers eux que j’irais. La raison à cela est que l’ancien navigateur Opera (qui a donné naissance au projet de Vivaldi) avait une philosophie à laquelle j’adhérais, et je sûr que je retrouverais une partie de ça dans Vivaldi, plus que dans n’importe quel autre navigateur (dans l’état actuel des choses).

Ceci donc pour vous aider à maintenir votre liste des navigateurs un peu à jour, ou vous en faire découvrir un nouveau si vous ne le connaissiez pas.
J’espère que Firefox et Mozilla resteront là encore là longtemps, bien entendu, mais dans l’hypothèse où malheureusement rien n’est éternel (y compris sur le net, et particulièrement en matière de logiciels), je préfère avoir une solution de secours. Et Vivaldi, bien qu’encore assez jeune, peut déjà faire un bon navigateur secondaire (chez moi c’est Chromium qui occupe en ce moment ce poste… pour l’instant).

Ressource :

GPG : protéger un document par un mot de passe

lundi 28 septembre 2015 à 18:57
GPG c’est ce qui est utilisé pour le chiffrement des emails.

Mais on peut aussi l’utiliser pour chiffrer n’importe quel document avec un mot de passe.

Si je veux protéger une photo par un mot de passe, je fais ça :

gpg -ca photo.jpg

Il va demander un mot de passe, qu’on doit choisir et entrer (ça marche aussi si vous n’avez pas de paire de clés privée/publique).
Ça va créer un fichier « photo.jpg.asc » qui est maintenant protégé.

Pour déchiffrer, vous faites alors :

gpg -d photo.jpg.asc > photo.jpg
Ce qui va vous demander le mot de passe précédemment choisit et vous produire la photo !

Le « > photo.jpg » n’est pas obligatoire, mais si vous ne le faites pas, il va afficher les données binaires à l’écran, ce qui n’est pas ce que l’on veut : nous on veut retrouver notre photo.jpg.

Pour vous donner un exemple, essayez sur cette photo de mon chat : photo.jpg.asc. Le mot de passe est « monchat ».


Ça marche avec tous les documents. Si vous voulez faire ça avec un dossier, préférez la création d’une archive (tar, zip, 7z…) du dossier et de tous les fichiers avant le chiffrement (qui prendra alors plus de temps en fonction de la taille du dossier).
Certains logiciels de chiffrement incluent ce genre de fonctions directement (7z par exemple), mais si vous voulez juste un chiffrement, la solution GPG existe !


(merci à Phileas qui m’a appris ça, alors que je ne connaissais pas)